Mon p'tit recoin de l'internet, où j'y présente surtout mes lectures de science-fiction et de fantastique. Aussi, je dévoile quelques écrits, photos, pensées selon mes humeurs, selon l'air du temps.

Publicité

La nuit du nord (PRÉVOT, Gérard)

La nuit du nord (Marabout fantastique, N°484, 1974) écrit par Gérard Prévot [1921-1975], un auteur belge, est divisé en trois nouvelles, les deux premières étant liées (un peu). Les titres sont les suivants :

  • La nuit du nord,
  • Les oyats,
  • Le spectre mécanique (ma préférée).

J'ai lu ce livre en une seule journée, la seconde nouvelle, étant le moment où j'ai senti le temps avancer le plus lentement, étant celle que j'ai le moins aimée. En fait, celle-ci est divisée en deux parties, la première étant écrit par le protagoniste, Percy Brumer et la seconde, par la personne à qui il dédit son manuscrit. Dans la première partie, le déroulement de l'histoire n'est pas clair, alors que dans la seconde, on apprend tout. Cette nouvelle a un petit air de SF, mais demeure néanmoins dans le fantastique, car rien n'est vraiment expliqué scientifiquement. En effet, comme défini par les conventionnels, pour qu'un texte puisse porter l'étiquette de science-fiction, il doit expliquer les phénomènes et les technologies en œuvre.

 

Gérard Prévot nous décrit ce qu'est la nuit du nord : « La nuit du nord est à jamais impénétrable. Pour peu que le vent souffle en force, pour peu que le diable s'en mêle, les chiens hurlent vers les minuit, les girouettes tournent folles, les antennes tombent des toits, les croix des clavaires se rompent et les gens fuient vers des maisons qui soudain ne sont plus les leurs pour s'enfermer, plus morts que vifs, dans des chambres dont des miroirs ne réfléchissent que les autres. » (p.13-14). Pour moi, les nuits du nord, sont celles les plus propices à l'écoute des contes et des histoires étranges, elles dégagent le mystère autant pour la noirceur, que pour le froid qui tente comme un voleur de s'introduire dans les maisons. Durant les nuits du nord, on s'emmure, on fait des provisions, on est seul au monde, car la nature peut se déchaîner à tout moment et interdire les contacts avec l'extérieur.

 

La nouvelle titre, La nuit du nord raconte l'histoire de Laurence, une jeune fille qui fait la connaissance d'un peintre dans la ville de Bruges où elle s'est arrêtée pendant quelques jours. Ce dernier l'a séduit et il lui donne une toile en gage d'amour. En voulant le rejoindre une nuit, elle tombe sur une impasse qui l'emporte dans un autre monde où elle est confrontée à un individu à plusieurs visages.

 

Dans la seconde histoire, Les Oyats, dont j'ai déjà dit quelques mots, Percy Brunner, dont ce n'est pas le vrai nom, a fait un pacte avec trois autres complices pour commettre un meurtre. L'équipe prend trois ans pour échafauder leur acte ignoble. Mais la rencontre de Dolly, une jeune fille sur le point de mourir, change les plans. Désormais Percy ne souhaite plus commettre le meurtre et trahit ses complices. Il écrit son histoire qu'il lègue à sa mort à Herman Johansen, un scientifique. Dans la seconde partie de l'histoire, Herman narre sa rencontre effroyable avec le secret de Percy qu'il arrive à découvrir à force de recherches et d'analyses. Comme souvent cela arrive, la curiosité peut être fatale à celui qui se fourre le nez partout. Ces découvertes le mèneront à trouver un passage vers les impasses de Bruges, la nuit. Là s'arrête le lien avec l'histoire précédente, car cette dernière s'inscrit dans un plan vraiment plus vaste.

 

La dernière nouvelle, Le spectre mécanique, ma préférée, n'a pas de lien vraiment avec les histoires précédentes. Elle se déroule dans un vieux château (le château de S...) situé dans un pays où c'est toujours l'hiver, donc où les nuits du nord sont nombreuses. Ce château « bâti par le diable » et dont « de mémoire d'homme, le pont-levis , seule ouverture vers le monde, n'a jamais été vu ouvert. » (p. 163) suscite l’effroi chez les villageois qui n'habitent pas loin. Le château est habité par un vieillard, le comte Godefroid de Marck, et son domestique Paulin. La vie du château est bouleversée lorsque le neveu du comte vient passer les vacances de Noël au château. Frédéric de Marck est l'héritier légitime de vieux comte extrêmement fortuné. Pendant son séjour il découvre un spectre mécanique, c'est-à-dire un genre de golem nécessitant 18 piles pour son fonctionnement. Ces dernières épuisées, le spectre demande au garçon de lui en acheter des neuves, lui promettant alors richesse et pouvoir. En fait c'est à l'aide du spectre que le comte a fait sa fortune et sa gloire. La mort du vieillard viendra bouleverser les plans du garçon et du spectre. Excellente histoire avec une fin inattendue comme je les aime.

 

La nuit du nord, est un livre qui suscite plus le questionnement, que la peur. Les récits sont étranges et aberrants. La couverture rend bien compte des nouvelles, un enchevêtrement de dédales et d'impasses où règne l'illusion et le surnaturel. Les secrets sont nombreux, on les garde comme on peut, mais tôt ou tard, ils se dévoilent.

Liens :
Sur Noosfere
L'auteur, sur Wikipédia
Le discours fantastique dans La Nuit du Nord de Gérard Prévot (pdf)

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article