Mon p'tit recoin de l'internet, où j'y présente surtout mes lectures de science-fiction et de fantastique. Aussi, je dévoile quelques écrits, photos, pensées selon mes humeurs, selon l'air du temps.

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Histoires de morts-vivants (Ant.)

J'ai  déménagé le 1ier juillet, j'ai changé d'appartement, de ville, d'emploi... je me sens perdue dans la nouveauté envahissante, même mes livres n'ont pas l'air à leur place et mes bibliothèques sont dispersées dans un salon qui cherche encore son identité. Le thème du mort-vivant m'attirait, allons savoir pourquoi... peut-être parce que je ne me sens plus moi-même. Donc, j'ai commencé ce livre qui fait partie de La grande anthologie du fantastique qui comprend dix volumes, Histoires de morts-vivants est le premier. Je possède la série au complet et sur ce blog j'ai déjà écrit un article rapide en 2010 sur le volume 7, Histoires d'aberrations. Cette anthologie débute par une double préface, une première qui est commune à tous les volumes et qui concerne le fantastique en général et une seconde qui s'attarde sur le thème. Du plus, chaque récit est précédé d'une brève introduction. Le lien que j'ai ajouté au niveau des titres des nouvelles mène à Wikipédia ou bien à la page d'un site ou blog qui traite de la nouvelle ou de son auteur.


1 - Alexis TOLSTOÏ, La Famille du Vourdalak (Sem'ya vurdalaka), 7.5/10, Un vieux diplomate raconte sa tragique histoire pendant une soirée mondaine. Elle débute par son arrivée dans un village où il trouve une famille prêt à l'héberger. Les membres de la famille sont tristes, car Gorcha, le grand-père, est absent depuis dix jours et que selon ses recommandations, s'il revient après les dix jours, il devra être tué sur le champ : « Attendez-moi pendant dix jours, et si je ne reviens pas le dixième, faites-moi dire une messe de mort, car alors je serai tué. Mais avait ajouté le vieux Gorcha, en prenant son air le plus précieux, si (ce dont Dieu vous garde) je revenais après les 10 jours révolus, pour votre salut ne me laissez point entrer. Je vous ordonne dans ce cas d'oublier que j'étais votre père et de me percer d'un pieu de tremble, quoi que je puisse dire ou faire, car alors je serais qu'un maudit vourdalak qui viendrait sucer votre sang. » (36-37). Mais évidemment, la famille, on ne la laisse pas dehors...


2 - Théophile GAUTIER, La Morte amoureuse, 7/10, Un jeune curé tombe complètement en amour avec une femme de mauvaise vie. Malgré son obéissance à Dieu, il n'a pas la force de résister à cette femme sublime.


3 - Edgar Allan POE, Ligeia (Ligeia), 6/10, Avec cette histoire, on tombe dans les descriptions d'un amour passionnel entre deux êtres qui s'aiment à mourir. La femme est sublime, la plus belle que la terre a porté et malheureusement elle trépasse. On suit alors le chagrin d'amour du pauvre homme dont l'unique désir est de voir revivre sa tendre femme.


4 - Auguste VILLIERS DE L'ISLE-ADAM, Véra, 6/10, même chose ici.


5 - Edgar Allan POE, La Chute de la maison Usher, 6/10, Une histoire d'amour incestueux très connue qui se termine par la mort des amoureux et par la destruction de la dîtes maison.


Rendu à ce niveau de ma lecture, j'ai l'impression d'avoir lu la même histoire 3 fois (récits 3, 4 et 5), avec quelques variantes dans les détails. Je me rends compte que je ne suis pas une admiratrice de Poe, loin de là. Je crois que ce qui me rebiffe le plus, c'est les interminables descriptions de la femme, qui est toujours la plus belle jamais vue : « Je regardais la charmante bouche. C'était là qu'était le triomphe  de toutes les choses célestes : le tour glorieux de la lèvre supérieure, un peu courte, l'air doucement, voluptueusement reposé de l'inférieure, - les fossettes qui se jouaient et la couleur qui parlait, - les dents, réfléchissant comme une espèce d'éclair chaque rayon de la lumière bénie qui tombait sur elles dans ses sourires sereins et placides, mais toujours radieux et triomphants. » (Ligeia, p.109). Je crois que c'est de ce que les anthologistes essaient de nous expliquer lorsqu'ils écrivent que le récit a vieilli.


6 - Montague Rhodes JAMES, Le Comte Magnus*, 7.5/8, Un narrateur inconnu raconte l'histoire étrange de Wraxall par l'entremise des papiers et autres documents qu'il a laissés derrière lui. Wraxall est un genre d'archiviste qui cherche à rassembler l'histoire de la Scandinavie. Ainsi, il s'arrête chez les La Gardie au château de Raback et commence ses recherches. Ça ne lui prend pas de temps pour découvrir les vieux tombeaux des ancêtres de la famille La Gardie, dont l'un l'obsède plus que les autres, le compte Magnus. Sur place, il prend le temps de noter les inscriptions et les épitaphes des tombeaux de cuivre. Surtout, il s'attarde sur les étranges gravures incrustées sur la tombe de son comte préféré : « Le personnage était extraordinairement petit, et presque entièrement enveloppé dans une sorte de plaid à capuchon qui traînait jusqu'à terre. La seule partie de ce curieux individu qui émergeait de ce vêtement n'évoquait en rien ni main ni bras. Wraxall le compare au tentacule d'un poulpe infernal et poursuit : «C'est sûrement là une sorte de représentation allégorique - un démon pourchassant un damné - laquelle est sans aucun doute à l'origine de la légende du comte Magnus et de son mystérieux compagnon.[...]»» (p.188). J'apprends sur le blog que j'ai visité que ce récit a influencé les écrits de Lovecraft, je n'ai pas de difficulté à le croire avec la description fournie dans cette citation. Quant à Wraxall, il sera perdu lorsqu'il constatera que les trois gros cadenas, qui tenaient le tombeau de Magnus bien scellé, gisent désormais sur le sol.


7 - Walter de la MARE, La Tante de Seaton (Seaton's Aunt), 8/10, Une histoire inquiétante où il ne se passe pas grand-chose, tout est dans l'atmosphère insolite, les détails troublants et le doute. Deux écoliers, le premier nommé Arthur Seaton peu populaire auprès de ses camarades réussit à convaincre Withers de l'accompagner pour une fin de semaine chez sa vieille tante. Cette dernière n'a pas une allure rassurante et  Arthur est terrorisé en sa présence. Les deux compagnons se rencontrent par hasard quelques années plus tard et Seaton en profite pour inviter une seconde fois Withers pour revoir sa tante et lui présenter sa fiancée : « Elle avait vieilli, et pourtant, s'il n'est pas absurde de s'exprimer ainsi, elle n'avait pas l'air plus âgée. Je suppose que pour les Pyramides dix ans de plus ou de moins ne sont rien que le bruissement d'un peu de poussière. » (p.222). Lorsque Withers visite pour la dernière fois la fameuse vieille tante, la terreur s'empare de lui.


8 - Richard MATHESON, La Robe de soie blanche (Dress of White Silk), 8/10, Écrit par l'auteur du roman populaire, Je suis une Légende, cette nouvelle courte est narrée au "je" par une petite fille orpheline. Celle-ci habite avec sa grand-mère qui lui interdit toujours d'entrer dans la chambre de sa mère. Une interdiction qu'elle enfreint, notamment lorsqu'elle invite une copine à la maison. Une histoire plus moderne, ça fait du bien !


9 - Robert Louis Balfour STEVENSON, Janet la torte (Thrawn Janet), 8.5/10, L'auteur est très connu notamment pour son roman L'île au trésor (que j'ai lu et dont j'avais écrit un résumé que j'avais publié sur un autre blog supprimé sans préavis par la plateforme) et sa nouvelle L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde. Après avoir été brutalisée par les commères du village, Janet, récemment employée comme servante du ministre, offre un bien triste spectacle : « [...] elle avait son cou tordu et sa tête toute d'un côté, comme celle d'un pendu, et sur son visage une grimace de déterrée. [...] elle cessa de parler comme une chrétienne : elle se contentait de faire cliqueter ses dents comme une paire de ciseaux [...] » (p.258). Le ministre la trouve vraiment sinistre, alors qu'il aperçoit un étrange homme noir, il commence à douter sur un lien entre les deux êtres terrifiants. Cette histoire se lirait très bien au bord de l'âtre, emmitouflé dans les couvertures un soir d'hiver, alors que la nuit est noire comme dans un four, pour reprendre les métaphores du récit.


10 - Jean-Louis BOUQUET, Alouqa ou la comédie des morts, 6.5/10, Morgan, un ancien médium richissime, demande à des comédiens de jouer l'histoire de sa famille dans un hôtel qui appartenait jadis à ses ancêtres, les Vourges. Le but est de faire revivre les évènements du passé. Parmi les personnages se trouve une femme à l'allure bizarre qui doit tenir le rôle de l'Alouque, un démon femelle qui a terrorisé sa famille : « ...l'Alouque, ce qui est la mise en français du mot Alouqa ou encore Alqa, alga. Dans les langues sémitiques, ce terme désigne la sangsue, mais aussi des créatures infernales, du genre des lamies et des goules suceuses de sang. » (p.278). Après la mort de sa femme, Henri, l'un des membres de la famille des Vourges, a pactisé avec le démon pour que sa bienaimée soit ranimée chaque nuit.
 


11 - Francis Marion CRAWFORD, Le Crâne qui hurle (The Screaming Skull), 8/10, Un marin raconte son histoire qui le rattache à un meurtre commis il y a quelques années par l'ancien propriétaire de la demeure où il habite. Du corps assassiné, il ne reste que le crâne blanchi à la chaux qui refuse d'être enterré. Le crâne harcèle le marin et ses serviteurs par son rire démoniaque et par sa manie de toujours sortir de la boîte à chapeau rangé dans le placard dans lequel le marin le garde prisonnier. En fait, le crâne est pourvu d'un désir de vengeance meurtrier. L'histoire est intéressante dans son style de narration que je n'ai jamais rencontré auparavant. En effet le marin raconte son histoire à un auditeur qui ne prend jamais la parole. On a connaissance de celui-ci seulement par l'entremise du marin qui parle avec l'inconnu. En voici un exemple : « Je vais monter vous le chercher. Quoi ? Vous dites que vous feriez mieux de m'accompagner ? Ha, ha ! Croyez-vous qu'un carton à chapeau et un bruit me font peur ? Sottises ! » (p.336). Un exemple a le mérite d'être plus clair.


12 - William Fryer HARVEY, La Bête à cinq doigts (The Beast With Five Fingers), 8/10, Cette histoire a été l'objet d'un film en 1946, depuis l'idée a été reprise dans différents films (La famille Adam, Evil dead, etc.). L'idée de la main vivante ayant une personnalité et une conscience propre terrorise, car sans attache au corps, elle ressemble à une grosse araignée couleur chair dont l'identité du propriétaire disparu suscite des interrogations. Qui était-il ? On a tendance à penser que la main serait à l'image du l'esprit du corps, à moins que ça ne soit le contraire. On serait donc, en face d'une sorte de Dr. Jekyll et Mrs.Hyde, ce dernier figuré par la main démoniaque libre d'exposer librement sans la contrainte de la bonne conscience de l’individu le côté obscur et caché de la personnalité de son possesseur. 

 

Il est clair à mon avis que l'anthologie s'améliore après la zone vampire. À mon grand soulagement, les textes romantiques ennuyants disparaissent pour laisser place aux récits de peur, d'angoisse et de frissons.

Liens :
Sur Noosfere
*Le bibliothcaire : Les chroniques d'El'Bib (un blog vraiment magnifique et complet)

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