Mon p'tit recoin de l'internet, où j'y présente surtout mes lectures de science-fiction et de fantastique. Aussi, je dévoile quelques écrits, photos, pensées selon mes humeurs, selon l'air du temps.

Cette édition (Denoël, présence du futur) se spécialise la plupart du temps dans le domaine de la science-fiction, mais comme toute règle a ses exceptions, dans ce cas-ci, comme écrit au dos de la couverture, l'édition rompt avec la tradition et se lance à la découverte de récits fantastiques. Évidemment, je ne passerai pas une nouvelle à la fois comme il m'arrive souvent de le faire, ça serait évidemment trop long. Je vais donc me contenter d'écrire un très bref résumé et d'ajouter une note d'appréciation sur 10. Mais avant de présenter les nouvelles (16), je commencerai par mes commentaires sur l'introduction de celui qui a dirigé l'anthologie, Jean-Pierre Andrevon [1937-] et je finirai par une très brève "analyse" de l'anthologie.
1 - Jean-Pierre ANDREVON, Introduction ou à peu près. Andrevon débute son introduction par l'histoire de la littérature du fantastique qui a connu son apogée au XIXième siècle. La littérature non rationnelle comme il l'écrit, « procède directement de la croyance en un ailleurs, décrit par toutes les religions...» p. 7. Selon lui, on a commencé à écrire du fantastique au moment où la croyance en la religion a diminué. Puis au XXième siècle, c'est le début du règne de la science-fiction et en 1970, elle « devient science-catastrophe. La science-fiction, merci Ballard, est autour de nous; il n'y a plus de science-fiction. Alors on fait un grand pas en arrière, on revient à la case départ. Au fantastique. » p.8. La littérature de l'imaginaire dans les années 70-80 est en pleine crise de conscience, étouffée entre la hard science-fiction et les délires de la new wave, les auteurs sont à la recherche d'un style qui leur ressemble sans se sentir obligé d'entrer dans une classe particulière. Andrevon nous résume bien la consistance de ce nouveau fantastique : «... on comprend que le fantastique moderne est une couleur de l'esprit, un état de l'âme. C'est aussi un animal fureteur et gluant, couleur muraille, qui sait se glisser dans les décors les plus plats, les plus gris, les plus banalement désespérants : ceux dans lesquels on vit, mais que notre œil traverse tant sont translucides leurs architectures. » p. 11-12. L'introduction résume ainsi la raison majeure qui explique pourquoi des nouvelles de fantastiques se retrouve dans une Édition réservée à la science-fiction. Cette anthologie est le résultat de ce mélange entre les deux thèmes majeurs, elle est le reflet de la mutation subit par la sous-culture de la littérature de l'imaginaire des années 70-80.
2 - Gaston COMPÈRE, La Grosse bête : La rencontre de deux musiciens, 7/10.
3 - Jean-Pierre SIMEON, Vital et Jules : Deux hommes entrent en fusion avec du granit (?!), 6/10.
4 - Michel LAMART, Le Garage : Un gars se perd dans le garage de son immeuble, 7.5/10.
5 - Gérard COISNE, Agonie dans la nécropole : Un gars enquête sur des fantômes qui proviennent d'un cimetière d'autos accidentées : 7/10.
6 - Jacques STERNBERG, Contes froids : Plusieurs courts paragraphes qui racontent de brèves anecdotes macabres, 7/10.
7 - Jean-Pierre BOURS, Marie l'Egyptienne : Dans une société où il est extrêmement dangereux de sortir la nuit, un homme fait appel à une femme pour embaumer ses morts, 8/10.
8 - Alain DORÉMIEUX, La Convocation : Un homme se fait pourchasser par des inconnus habillés de noir, autant dans le rêve que dans la réalité, 7/10.
9 - Jean-Pierre ANDREVON, La Terre tremble : Un couple qui part en voyage est victime d'un tremblement de terre et se voit confiné dans un hôtel étrange (la notion de fantastique n'est pas trop clair dans le récit ou elle est très subtile...), 7/10.
10 - Michel GRIMAUD, Roses de sable : Une vieille femme est la gardienne d'une cité sur le point d'être enseveli sous le sable, 7.5/10.
11 - George W. BARLOW, Retour : Un homme tombe en amour (littéralement, il y a consommation) avec une maison qu'il chouchoute comme il peut, 7.5/10.
12 - Daniel WALTHER, Jazz me blue : Un journaliste rencontre un jazzman qui l'invite dans un bar étrange. Son existence prendra alors une tournure dangereuse, 7/10.
13 - Serge BRUSSOLO, Subway, éléments pour une mythologie du métro : Subway habite dans le métro et raconte les étrangetés qui s'y passent, 7.5/10. (Brussolo est l'un de mes auteurs préférés, j'ai lu au moins au cours de ma vie une trentaine de ses romans. Cette nouvelle a gagné un prix, mais c'est loin d'être ma préférée.
14 - Philippe COUSIN, Allons au cinéma : Un commerçant achète un cinéma qui deviendra très populaire en proposant de mourir comme dans les films présentés, 8/10.
15 - Rémi KARNAUCH, Le Pourvoyeur : Un homme fait appel à un pourvoyeur dont une bosse dans le dos fournit un liquide noir qui donne du plaisir à celui qui se l'injecte (dégueu), 6/10.
16 - Patrice DUVIC, Empreintes : Un médium paralysé fait appel à un médecin pour l'aider à prendre contact avec l'au-delà, 7/10.
17 - Pierre PELOT, Les Premiers jours, on ne sut même pas à quoi ils ressemblaient… : Un homme attrape une sinusite et doit rester à la maison pour se soigner, puis les gens autour de lui commencent à disparaître, 8/10.
La première chose que j'ai remarquée est la lourdeur des nouvelles, la plupart sont (extrêmement) riches en métaphores, comparaisons, images, etc. Ça rend la lecture pas mal fastidieuse, en fait au lieu de lire une phrase simple dotée de sens, celle-ci est noyée dans un déluge d'images et d'adjectifs superflus. Disons que souvent, j'avais hâte que ça en vienne aux faits. Un exemple parmi tant d'autres : « J'eus l'impression d'avoir été plongé dans un bocal, qu'une eau spongieuse s'était refermée au-dessus de ma tête et que rien au monde ne me ramènerait vivant à la surface de cet étang mortel. Je fis de mon mieux pour que mes yeux accommodent dans ce déploiement d'ombre et de fausse lumière et peu à peu je pris conscience du grouillement d'une humanité à peine descriptible : on aurait dit une masse unique protoplasmique,amalgamée, aux émotions pulsatives, élémentaires.», Jazz me blue, p.178-179. Finalement, pour l'ensemble de l’œuvre je donne un 7/10.
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