Mon p'tit recoin de l'internet, où j'y présente surtout mes lectures de science-fiction et de fantastique. Aussi, je dévoile quelques écrits, photos, pensées selon mes humeurs, selon l'air du temps.
Texte publié dans la revue Marginal N°9 en 1975 par l'illustre Isaac Asimov, Que peut-on espérer de l'avenir ?, est une réflexion sur les années 2000. Plus de 35 ans plus tard, je vais
résumé son texte, tenter d'en comprendre les grandes lignes et évaluer son analyse. Tout un défi me direz-vous !
Tout d'abord, dès le début M. Asimov nous fait prendre conscience d'un fait bien établie, soit on envisage l'avenir d'un point de vu positif ou soit d'un point de vue négatif. Ce dernier penche
plus vers le pessimiste : «De là où nous sommes, il est très simple, par exemple, d'être pessimiste. Nous n'avons qu'à prendre
conscience de ce que la population continuera d'augmenter, les rivalités nationales de placer le bien-être du groupe X au-dessus du bien-être mondial, le racisme et les préjugés sexuels
d'engendrer haine et aliénation, et la rapacité, à l'échelon interindividuel ou social, de ruiner la Terre pour quelques profits privés à court terme.» p.237-238. C'est
clair, que nous ne faisons pas parti d'un monde parfait où tous est égal à chacun, mais concernant le rôle des femmes dans la société occidentale, je crois que celui-ci s'est amélioré depuis 35
ans. Asimov poursuit : « En bref, nous devons être conscient que les choses continueront exactement sur la même lancée pour une
nouvelle trentaine d'années. Entre nous, nous pouvons même prévoir la fin de notre civilisation technologique. Je pense qu'il y a plus de 50% de chances pour que cela arrive, quoique je n'en suis
pas certain. » p.238 Selon Asimov, la planète sera sauvée si la population opte pour le contrôle démographique et met en place un gouvernement mondial. Il faut dire que
l'ombre de Malthus plane sur l'argument de Asimov.
L'Union Européenne est une sorte de mini gouvernement mondial, de même que certains accords commerciaux (Alena, OPEP, etc.), Organisations Internationales (UN, FMI, etc.) et traité militaire
(OTAN, etc.), mais nous sommes loin de la gouvernance mondiale. Ce que j'énumère, ne sont que des bribes, des ébauches de ce que Asimov rêve. «Imaginons maintenant que la Terre persévère dans la voie du contrôle démographique et du gouvernement mondial, et assez vite pour éviter une catastrophe
majeure, en être quitte pour un désastre adouci. » p.240 Selon Asimov, on pourrait être amené à "survivre" au XXIe siècle et non pas seulement à "vivre".
Donc, voici les prédictions de M. Asimov :
1) Une population mondiale de 7 milliards d'individus. Mais selon lui, on serait en mesure d'élaborer des techniques pour faire abaisser le taux
de natalité «jusqu'à ce que la courbe démographique redescende et [...] ne dépasse plus le milliard.»
p.240 Il faut dire que Asimov est obsédé par l'augmentation démographique, puisqu'il est certain que les ressources ne sont pas présentes en quantité suffisante sur la planète pour suffire aux
besoins de tous. NB. Population mondiale 6 973 millions (2012).
2) Une pénurie alimentaire et une raréfaction de matières premières. Ce problème pourrait être enrayé par le recyclage et des méthodes efficaces
d'utilisation des ressources.
3) La fin des conflits internationaux, d'une nation contre un bloc de d'autres nations. Aussi, la plupart des décisions importantes seraient
prises par l'entremise d'Organisations Internationales.

De ces trois prédictions découleront des "conséquences utopiques" telles que mentionnées par Asimov lui-même.
A) La fin du sexisme. « L'oppression de la femme a été la conséquence naturelle de son rôle
de machine à faire des bébés.» p.241 En fait, la base de son idée est de faire de la femme un égal à l'homme, enfin que son rôle dépasse celui de procréatrice. De là, découlera la
baisse de natalité qu'il souhaite, car la femme pourra se valoriser par d'autres activités.
B) La fin du racisme. Selon lui, et j'adhère à son idées, toute différence engendre l'exclusion. « ...dans le mode de pensée d'un bigot, «différence» (qu'elle que soit sa nature) signifie «mal».» p.242. Il
profite de cette idée pour détruire l'argumentation d'un certain Shockley, qui prétend que les Noirs sont moins intelligents que les
Blancs.
Bref, selon Asimov, le contrôle démographique ne doit pas se faire au détriment d'un groupe ethnique. «Pour que le contrôle de la population
se fasse bien et pour que l'humanité évite la catastrophe, tout le monde (ou au minimum assez de monde) doit être convaincu du respect que l'on doit avoir de l'existence de chaque
groupe.» p.244. En effet, le racisme mêlé au contrôle démographique mènerait à la destruction de nos infrastructures technologiques et politiques.
Ensuite, Asimov aborde notre utilisation des nouvelles technologies, comme les ordinateurs. «Si la civilisation technologique se prolonge au
XXIe siècle, il est évident qu'elle continuera de progresser dans le sens de l'automation et de l'utilisation des ordinateurs. Un tel progrès milite contre l'existence du
racisme.»p. 245. Le progrès apporte plus d'automatisation des usines, c'est-à-dire plus de machines robotisées et donc moins d'ouvriers sous qualifiés, favorisant donc une
diminution de la natalité.
Par ailleurs, Asimov décrit ce qui ressemble à Internet : « ...le progrès dans les télécommunication - l'utilisation de satellites reliés
entre eux et à la surface de la Terre par rayons lasers susceptibles d'acheminer des millions de messages - ramènera la planète entière à l'échelle d'une petite communauté (l'expression «village global» est la plus fréquemment utilisée).» p.245. Certes les balbutiements qui mèneront à la création
d'Internet étaient déjà d'actualité au temps d'Asimov. Néanmoins, ses idées dans cette matière se rapprochent curieusement de la réalité. Les conséquences de cette innovation outre l'accès
amélioré à l'information, Asimov note aussi la naissance d'une langue commune (peut-on parler de l'anglais... ou bien du langage sms). Donc, une augmentation des progrès technologiques liée à une
décroissance de la population, rendra selon Asimov « le racisme de plus en plus impopulaire.»p.246.
C) La fin de la guerre. Toute guerre mène au suicide selon Asimov, qu'elle soit nucléaire ou pas. Aussi vu qu'il prédit une diminution des
matières premières, il prétend qu'entretenir une armée serait trop dispendieux pour un pays, quel qu'il soit. «Au XXIe siècle, la coopération
internationale apparaîtra aux nations du monde comme la seule façon de stopper et de résoudre définitivement leurs problèmes ; l'armée sera un anachronisme coûteux si elle n'a pas su se
transformer en corps de travail organisé.» p.248.
D) Une espérance de vie plus grande. Conséquence directe du progrès technologique, une plus longue espérance de vie découlera d'une science
médicale améliorée. «La population du XXIe siècle sera caractérisée pas un plus fort pourcentage de personnes âgées que de nos
jours, et, (merci au contrôle des naissances) par un pourcentage considérablement plus faible de jeunes.» p.248. Ensuite, Asimov se demande si au XXIe siècle on pourra
contrôler le vieillissement, le rendre moins aléatoire, c'est-à-dire le contrôler. Être maître de son évolution et par le fait même être plus stable et plus sage. Faut bien rêver !
E) La diffusion de l'humanité. Asimov prévoit que le XXIe siècle sera vieillissant, mais qu'il aura compris les vieilles leçons du XXe siècle.
«Au XXIe siècle, tout le monde saura qu'une croissance aveugle n'est plus possible. Nous saurons qu'on ne peut plus consommer et polluer à
volonté. Nous saurons que chaque chose doit être recyclée et que tout progrès, tout changement doit être examiné dans ses moindres répercussions.» p.252. Une population avec une
moyenne d'âge plus élevée sera t-elle plus conservatrice et davantage empâtée que la jeunesse ? Asimov soulève cette question, mais n'éffleure qu'une ébauche de réponse.
Finalement, le XXIe siècle sera, selon Asimov, «peut-être le témoin des débuts de la diffusion de l'humanité - une diffusion qui ne connaîtra
pas de limites. Les gens de la Terre seront un jour capables d'émigrer sur la Lune ; puis ceux de la Lune de partir pour l'un ou l'autre des astéroïdes ; ceux des astéroïdes pourront alors
choisir de se lancer à travers l'espace interstellaire.» p.254. Pour le scientifique qu'il est, Asimov ne voit pas de limite au génie humain et il croit que l'être humain se
sortira des problèmes dans lesquels il était empêtré en 1975.
Asimov résume sa pensée de la façon suivante : «L'avenir proche est sombre. La civilisation risque de ne pas survivre à la crise que nous
traversons.» p.255. Selon lui, l'avenir passe par l'unification des gouvernements et le contrôle des naissances. C'est en appliquant ces deux solutions que l'humanité sortira de
la crise (mais quelle crise ? En 1975, quel était les problèmes auxquels étaient confrontés le monde ?).