Mon p'tit recoin de l'internet, où j'y présente surtout mes lectures de science-fiction et de fantastique. Aussi, je dévoile quelques écrits, photos, pensées selon mes humeurs, selon l'air du temps.

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Mort au champ d'étoiles (B. VILLARET)

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En cherchant sur Internet je n'ai trouvé pratiquement aucune information sur Bernard Villaret [1909- ] et son roman intitulé Mort au champ d'étoiles (Marabout SF, N°341). Le dossier Marabout à la fin du roman informe le lecteur que Villaret est un ethnologue de nationalité française ayant beaucoup voyagé. Ce bouquin est son premier roman de science-fiction, cinq autres suivront. Ayant moi-même étudié en ethnologie à l'université, je peux tout de suite écrire que l'on ressent rapidement l'influence de cette science dans ce roman de Villaret.

J'ai lu ce livre comme un récit de voyage (Villaret en écrit justement). En bref, c'est l'histoire d'un homme qui hiberne en 1970 et qui se décongèle en 2058. Jacques Seurat se réveille dans une société amaigrie. Les villes sont vides, car les hommes sont ivres de voyages dans l'espace rendus possible grâce à l'invention de la téléportation. Par ailleurs, cette civilisation du futur est régie par un gouvernement invisible : «Ainsi la France [...] est-elle devenue un véritable gouvernement de l'ombre, une "cryptocratie" qui semble dirigée par des êtres mythiques ressemblant quelque peu u terrifiant Big Brothers de "1984", qu'Orwell suspectait même de n'avoir jamais existé» p.61. Comme dans 1984 les êtres humains ont perdu le goût de l'art. Je me demande pourquoi, car je ne vois pas de raisons à renier l'art contrairement aux Hommes de 1984 qui n'ont pas le choix pour leur propre survie. «À notre époque [2063] où les beaux-arts et la littérature se sont révélés peu à peu stériles et superflus dans un monde désabusé, les seuls artistes qui nous restent sont les plombiers.» p.67.

Contrairement à 1984, les êtres humains sont désormais forcés de travailler 1 mois par année. «La grande catastrophe, ce sont les loisirs ! Admirables, lorsqu'on doit se battre pour les obtenir, ils deviennent insupportables dès qu'ils sont forcés. [...] Un individu, une société qui ne travaille pas, sont destinés à disparaître par simple désintégration interne, comme l'avait écrit, de mon temps, le philosophe Toynbee» (p.65). Donc, le peu d'êtres humains qui restent sur la pauvre vieille planète Terre (je l'imagine murmurer : enfin, y'était temps qu'ils débarrassent !) sont contraint de végéter comme des larves en mal de vivre. Mais pourquoi tout le monde déserte pour les étoiles ? C'est là le mystère qui est en passant expliqué de fond en large dans le dernier chapitre du livre. Donc, pour ceux qui n'aiment pas les points d'interrogations après avoir lu un bouquin, vous allez être contents.

Au fil de la lecture de ce roman on pressent que l'ombre d'un danger plane sur les têtes des quelques humains encore attachés à leur planète. Cette citation d'Arthur C. Clarke : «Nous devons choisir d'atteindre les étoiles, ou bien d'attendre que les étoiles nous atteignent», souvent répétée n'est qu'un avant goût de la réalité. «La race humaine, cette perpétuelle génératrice de mythes » (p.150) serait-elle surprise d'apprendre que plus petit que soi n'est pas toujours synonyme d'impuissance.

Autre citation:
«Les idées foisonnent toujours dans les décombres...» p.60

Liens:
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