Mon p'tit recoin de l'internet, où j'y présente surtout mes lectures de science-fiction et de fantastique. Aussi, je dévoile quelques écrits, photos, pensées selon mes humeurs, selon l'air du temps.

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Le péril bleu (M. RENARD)

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Le Péril Bleu a été écrit en 1910 ! Pour les idées qui y sont avancées, je cois que cet oeuvre est un précurseur dans le domaine de la littérature de SF. Donc, je viens de terminer de lire ce roman édités en 1976 chez Marabout Science-Fiction, N°599. Il est écrit par un auteur français au nom de Maurice Renard (1875-1939). Le style d'écriture est relativement ardu et quelque fois poétique, le vocabulaire est riche et les descriptions sont souvent accompagnées de qualificatifs détaillés. Après quelques pages, j'ai arrêté de me référer au dictionnaire. Néanmoins, je suis contente d'avoir appris que «consomption» signifiait «amaigrissement» et que «inanition» signifiait «la faim». C'est un oeuvre relativement noir, dont quelques passages frôlent le gore, mais en général il s'inscrit dans un style de SF mêlant un peu le cocasse, le merveilleux et même le roman policier.

Il y a plusieurs thèmes récurrents dans cet ouvrage, dont le mimétisme, l'invisibilité, les perceptions des sens (vu, ouie, toucher) et de façon plus générale le comportement humain face au danger et à l'inconnu. Donc, en bref c'est une histoire d'enlèvements par des extra-terrestres, que l'on nomme «Servants». Le passage que j'ai préféré est le récit écrit par Robert durant sa captivité chez les extra-terrestres. Il décrit les conditions et les expériences que font subir les E.T. aux êtres humains suite à l'enlèvement. C'est un passage qui m'a fait beaucoup rire, qui sait pourquoi. Pourtant, le récit de Robert se veut à première vue dramatique, mais à mon avis il frôle plutôt l'absurde.

«Et l'ont connut à nouveau l'incessante détresse qui tenaillait le coeur de nos ancêtres, quand l'homme n'était qu'un mammifère débile, exposé toujours aux agressions monumentale des mastodontes qu'il redoutait sans trêve et dont l'obsession ne le quittait jamais. Or, cette terreur soudain réveillée d'un sommeil vingt fois millénaire, il fallait qu'aux heures préhistoriques, elle eût été suprême à l'égal de l'amour; car l'éprouver, c'était le reconnaître. Plus nombreux qu'en temps d'éclipse ou de comète, les regards se fixaient sur le vide apparent où la déchéance de l'homme s'inscrivait en caractères invisibles. Mais l'homme tenancier de la Terre n'était pas même détrôné : jamais il n'avait régné ! Il s'était cru le maître, alors qu'un autre, industrieux, génial et saugrenu, lui restait supérieur, au point de le pêcher ! » p.267

Le second passage que j'ai beaucoup aimé est le discours sur l'invisibilité. Deux des personnages principaux échangent des arguments sur le caractère de ce qui est invisible tout autour de nous; ils discutent d'aorasie. Ce que je tiens à souligner c'est le penchant philosophique du roman, il n'est pas qu'une suite d'évènements rocambolesques, il est aussi un questionnement sur la place que l'homme occupe dans la nature.

Aussi, l'auteur s'engage subtilement dans l'éternel dilemme qui oppose la foi (religion, mythe, croyance) à la science (astronomie, physique, botanique, zoologie). En effet, le discours des personnages diverge (de façon un peu caricaturale) quant à l'explication qui entoure les disparitions : des savants interprètent le phénomène à partir de concepts scientifiques, alors que les paysans y perçoivent l'oeuvre du malin. De même leurs réactions aux envahisseurs s'opposent également, les savants veulent comprendre «Où ? Comment ? Qui ? Pourquoi ?», alors que les paysans (et les politiciens) veulent tout faire exploser.

Finalement il faut dire que l'épilogue du roman vaut la peine d'être lu, malgré que sa participation à l'histoire est nulle. Je l'ai vu comme un éditorial, une tentative d'explication par l'auteur. Il tient à faire réfléchir les lecteurs sur l'immensité du monde, sur l'inconnu qui se cache derrière les nuages et dans les tréfonds de la terre. Si j'étais née au tournant du 20ième siècle je dois dire que sa réflexion aurait été efficace sur ma pensée. En effet, à sa manière, l'auteur tente de créer chez le lecteur un effet de peur et d'incertitudes : «Regardez. Puis réfléchissez. Puis rêvez. Cela n'est pas impossible.» p.308

Liens :
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Très bonne critique sur CultureSF stern g03
icons6658877Critique sur le blog, Les Lyonnes de la SF
icons6658877Le péril bleu sur Wikipédia

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