Mon p'tit recoin de l'internet, où j'y présente surtout mes lectures de science-fiction et de fantastique. Aussi, je dévoile quelques écrits, photos, pensées selon mes humeurs, selon l'air du temps.

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Cérémonial nocturne (T. OWEN)

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Cérémonial nocturne est un roman composé de 17 nouvelles écrit par Thomas Owen [1910-2002] de son vrai nom, Gérald Bertot. Ce dernier s'inscrit dans la lignée de Jean Ray, dont il est l'ami et un grand admirateur. Outre leur nationalité belge, ils partagent un style littéraire versé dans les univers mystérieux et fantastiques. Comme dans la plupart des recueils de nouvelles, les histoires sont de forces inégales. La nouvelle titre commence le bal en nous plongeant dans un des thèmes privilégiés du fantastique : les fantômes. Mais une question s'impose: sommes-nous en face d'un récit classique de fantômes, c'est-à-dire un être désincarné se baladant dans la nuit, ou bien en face d'un récit où le fantôme symboliserait le sentiment de culpabilité du personnage (il a omit délibérément d'avertir son père de son retour à la maison) ? Comme plusieurs des nouvelles de ce recueil, l'interprétation est à la discrétion du lecteur.

Ainsi, chaque histoire penche à divers degré vers le surnaturel, tout en nous maintenant dans le monde tangible de la raison. Donc, c'est ce jeu de balance qui est selon moi, la force de l'auteur. Aussi, chaque nouvelle débute par une citation fournissant une piste à ce qui nous attend au fil de la lecture. Plusieurs thèmes sont abordés, tout d'abord les singularités du temps (Wohin am Abend ?, Mutation, La fille de la pluie, Elna 1940). Dans ce cas-ci, les éléments déclencheurs sont des rencontres fortuites (la personnification du diable, une jeune fille nommée Lamie, etc.) et de vives émotions de regret. Ensuite, Owen touche également aux vampires (Le chasseur, Les lectures dangereuses) et aux rencontres mystérieuses et maléfiques (La passagère, Un beau petit garçon). Évidemment, les spectres y ont aussi leur place (La soirée du baron Swenbeck, Le petit fantôme, (proche de Gasper...) ) et il y a même une histoire d'exorcisme (Au cimetière de Bernkastel) où Jean Ray occupe la place de l'exorciseur. Dans ce cas précis, l'auteur ne souhaite pas faire douter son lecteur sur l'authenticité du récit, car il le commence son récit avec cette phrase : «Ceci est une histoire vraie.» (p.135). Ensuite, trois récits (La Dame de Saint-Pétersbourg, Bagatelles douces et La tentation de Saint Antoine) prennent une tournure aux connotations érotiques.

Finalement, le récit le plus long, Étranger à Tabiano, est en quelque sorte une ethnographie narré par un voyageur qui s'est perdu en mer. Recueilli par des étrangers, il est amené dans leur pays qui est totalement inconnu de monde ordinaire. Il en profite donc pour faire une description détaillée de cette société (moeurs, coutumes, habitudes, etc.) et de son environnement (faune, végétation, etc.). Mais ce dernier ne reste pas seulement spectateur, incapable de résister, il provoque des évènements qui auront d'énormes conséquences sur l'avenir de cette société. Bref, ce roman de nouvelles très plaisant à lire, touche à des thèmes très différents et aborde des sujets délicats où le surnaturel jongle avec le rationnel.


«Le pouvoir du Grand Malicieux réside dans ce qu'il est très distant du peuple. À se laisser approcher, on se laisse atteindre. Être atteint, c'est déjà être diminué. On ne tolère bien que la grandeur hors de portée. [...] Les grands hommes savent très bien que l'éloignement les grandit. Les rois près du peuple, le peuple les rejette aussitôt. La foule tolère le privilège qui la dépasse, non point celui qui se penche vers elle.» (Étranger à Tabiano, p.198)

Liens:
icons6658877L'auteur Thomas Owen sur wikipédia
icons6658877La fiche du roman sur Noosfere

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