Mon p'tit recoin de l'internet, où j'y présente surtout mes lectures de science-fiction et de fantastique. Aussi, je dévoile quelques écrits, photos, pensées selon mes humeurs, selon l'air du temps.

Gérard KLEIN [1937-], Préface, pour la lire, c'est ici, sur le site Quarante-Deux, les Archives stellaires.
1 - Stanley WEINBAUM [1902-1935], L'Odyssée martienne, 8/10, Le chimiste Jarvis, l'un des quatre premiers explorateurs à atteindre la planète Mars à bord de l'Ares, s'y écrase avec une fusée. Après son secours, Jarvis raconte au reste de l'équipage ses mésaventures sur le sol martien. Il décrit la faune et flore martienne, qui est exubérante, bizarroïde et sauvage. Il devient copain avec une créature ressemblant à une autruche après l'avoir sauvé des tentacules d'une bête féroce.Touil (ou Tweel en anglais), c'est ainsi qui le baptise, l'aidera à traverser les nombreux obstacles qui se dressent sur son parcours.
« Ce Martien n'était pas réellement un oiseau. Sauf à première vue il n'avait même rien d'un oiseau. Il possédait bien un bec et quelques accessoires ressemblant vaguement à des plumes, mais le bec n'en était même pas un. Il était plus ou moins flexible, j'en voyais le bout remuer lentement d'un côté et de l'autre, c'était une sorte de compromis entre bec et trompe.
L'être possédait deux pieds à quatre orteils, et des extrémités à quatre doigts - des mains si vous voulez, un petit corps rond avec un long cou se terminant par une tête minuscule - et ce fameux bec. » (p.18-19)
Cette nouvelle est géniale, Jarvis énumère et décrit toutes les formes de vie qu'il rencontre et elles sont toutes originales. J'ai adoré la façon dont l'équipage le taquine, c'est très comique.

Le périple de Jarvis sur Mars entre le crash de sa fusée et son secours. (Source : Wikipédia)
2 - Arthur C. CLARKE, Rendez-vous avec Méduse, 7/10, J'ai trouvé cette nouvelle vraiment aride, l'un des pires que j'ai lu de Clarke et pourtant j'en ai lu du Clarke. Après un grave accident à bord d'un vaisseau spatial (dans le genre de Titanic, doté de la dernière technologie et supposément insubmersible) Howard Falcon retourne dans l'espace afin d'explorer Jupiter. L'atmosphère jovienne est décrite comme un océan peuplé d'étranges créatures ressemblant, entre autres, à des méduses. Le dernier chapitre intitulé «Entre deux mondes» est vraiment mon préféré, il est plus philosophique et il délaisse enfin les détails techniques et scientifiques lourds à lire.
3 - Algis BUDRYS [1931-2008], La Fin de l'hiver, 8/10, Envoyé en mission de sauvetage, un trio d'explorateurs, Doris, Dozen et le narrateur Harry Becker, atterrissent sur une planète au paysage vraiment étrange. La planète est jonchée de métal tordu et déformé qui laisse croire à des paréidolies. Cependant, les explorateurs devinent du coin de l’œil que les formes incongrues bougent :
« D'énormes animaux rôdaient autour de nous; ils avaient l'air saisis par le froid, mais ils rôdaient. Des êtres à peine achevés, aux formes imprécises, horriblement mutilées, qui nous menaçaient de leurs crocs et de leurs griffes - et redevenaient des amas de métal lacéré dès que nous les regardions en face. » (p.125).
Après avoir découvert les membres de l'équipage décédés et s'être assurés qu'ils sont bien enterrés, ils quittent l'astre avec un sentiment d’inquiétude quant au rôle joué par les corps ensevelis sur les formes de vie de la planète gelée. C'est drôle à dire, mais c'est une histoire qui m'a fait un peu peur.
4 - Ray BRADBURY, Icy, il doit y avoir des tigres, 7.5/10, La planète 7 du système solaire 84 est un paradis. Elle offre de la nourriture et du vin, en bref elle comble tous les besoins des astronautes venus l'explorer. Selon ceux-ci, cet astre vivant a la personnalité d'une femme. Mais attention à ne pas la décevoir. Pas l'une des meilleures nouvelles que j'ai lues de Bradbury, mais elle entre dans la thématique de l'anthologie avec son monde d'abondance.
5 - Alfred Elton VAN VOGT, Bucolique, 8/10, Sur cette planète les forêts sont des êtres vivants dotés d'une pensée coordonnée. Ces dernières se livrent des batailles, comme le font les hommes. Lorsque des vaisseaux spatiaux atterrissent sur leurs racines, la Forêt réagit en dispersant des parcelles de l'un des métaux les plus dangereux qui soient. Une nouvelle qui exprime, comme plusieurs autres, la peur de la guerre nucléaire de l'époque.
6 - Idris SEABRIGHT [1911-1995], Les Altruistes, 9/10, Voici une nouvelle un peu choquante, j'imagine que plusieurs personnes pensent inconsciemment comme le personnage principal et c'est ce qui m'offusque. Des créatures, les Slurbs, apparemment trop gentilles cherchent à rendre leurs visiteurs humains heureux, en les servant et comblant tous leurs désirs primaires, tels des esclaves consentants. Malcom Knight entend parler de la planète Skös et des Slurbs et décide de se payer des vacances sur l'astre interdit en faisant croire à un atterrissage forcé provoqué par l'impact avec une météorite. Arriver sur la planète tout se déroule comme il le croyait, il donne des ordres, manifeste de l'irrespect envers les Slurbs et va même jusqu'à les battre. Ceux-ci ne mettant par leur limite, il en profite pour les blesser et les faire souffrir : « [...] le sixième jour, il [Malcom] inventa le Jeu. Celui-ci commença assez innocemment. Il faisait aligner les slurbs - ils étaient vingt et un en tout, que rien, à ses yeux, ne distinguait les uns des autres - et il leur lançait des mottes de boue. Au bout d'une heure, c'était avec des quartiers de rocs qui les bombardaient de toute sa force. Il élabora un barème de points. [...] » (p.173). Mais les Slurbs vont se venger d'une manière bizarre, le paradis de Malcom se transformera alors en cauchemar et je suis bien heureuse.
7 - Anthony BOUCHER [1911-1968], Conquête, 8/10, Leur vaisseau écrasé sur une planète étrangère, trois scientifiques et une chatte nommée Bast entrent en contact avec une société de géants marsupiaux plus ou moins avancée technologiquement. Ils constatent qu'ils ne pourront jamais quitter la planète, ils en profitent donc pour se reproduire et servir d'animaux de compagnie. Lentement et sournoisement, les humains envahissent la nouvelle planète. Leur but c'est de la conquérir complètement jusqu'à l'arrivée de leurs semblables. La dernière phrase laisse penser que les chats pourraient être aussi des extra-terrestres atterris sur Terre avec les mêmes buts de conquêtes planétaires.
8 - James Jr. TIPTREE [1915-1987], Votre amour haploïde, 7/10, Deux scientifiques, dont leur but commun est de percer les mystères de la procréation des différentes espèces extra-terrestres découvertes, tombent sur une société où il est tabou de parler de la fécondation. La curiosité de nos deux comparses les mènera à élucider le mystère et les plongera dans une bataille. Une histoire dont le but est de mettre de l'avant une approche originale de reproduction. Ça m'a fait penser à la nouvelle de Phlippe José Farmer, Ouvre toi, Ô ma soeur, lu dans Histoires de créatures. Bref, une histoire longue, qui met en scène une espèce dominante pas très cute versus une espèce soumise d'une beauté exceptionnelle. Correct, pas plus.
9 - Robert SHECKLEY [1928-2005], Bienvenue au cauchemar classique, 8/10, Cette nouvelle m'a fait penser à la mise en garde de Stephen Hawking sur le fait que le contact avec les extra-terrestres pourrait mener à l'extinction humaine en prenant comme exemple les conquistadors espagnols (lien vers un article sur le sujet sur demotivateur.fr). Cette histoire c'est exactement cette idée de Hawking, mais qui est arrivé avant ? Je penche davantage pour Sheckley. Donc, un homme, Johnny Bezique, au caractère malsain est envoyé en mission pour rechercher des planètes occupées par des civilisations avancées. Il entre alors en contact avec la planète Loris dont les habitants sont doux, respectueux, ordonnés et courtois. Bref, tout le contraire de lui-même. La chute de la nouvelle mérite la réflexion, au départ on croit que les Loriens sont mous et lâches, puis après coup on réfléchit et on se rend compte que « [...] les Loriens étaient réellement une super-race intelligente. Et de quelle utilité serait l'intelligence si elle ne permettait pas entre autres d'atteindre la proie convoitée sans se laisser abuser par son ombre...» (p.274).
10 - Isaac ASIMOV, Quand les ténèbres viendront (Nightfall), 9/10,Voici la fameuse nouvelle dont Asimov parle dans l'un de ses volumes dédiés à ses histoires de jeunesse et dont je n'ai eu droit qu'au contexte dans lequel elle a été écrite. Cette nouvelle est excellente, les dialogues sont très bien menés, les personnages ont très peu de personnalité, mais la peur de la nuit imminente sur la planète Lagash est palpable autant dans leurs gestes que dans leurs paroles. Se déroulant dans un observatoire astronomique plusieurs personnes, dont un journaliste et un psychologue, se réunissent pour affronter la première nuit depuis plus de 2000 ans. Dans un mélange de science et de mysticisme, tout le monde tergiverse sur cette nuit, phénomène inconnu et appréhendé de tous. À mon avis, ce récit est plus de l'ordre de la psychologie et de la sociologie (voire l'anthropologie...) que de la science-fiction. Outre les six soleils (Onos, Dovim, Tano, Sitha, Trey et Petru), rien n'a rapport avec la fiction. En effet, c'est l'histoire d'une peur incontrôlable et de ses effets sur la santé mentale des humanoïdes qui peuplent cette planète et des conséquences qui en découlent, soit la destruction cyclique de la civilisation par ces mêmes humanoïdes devenus fous par le spectacle offert par le ciel nocturne. Bref, la peur non contrôlée des individus provoque une réaction destructrice sur l'ensemble de la société. Mais cette peur doit être analysée dans son ensemble, car c'est toute la société qui y participe. Le tout est plus que la somme de ses parties...
« Dehors, brillaient les Étoiles ! » (p.324)
11 - R. A. LAFFERTY [1914-2002], Ni les îles de calcaire qui volent dans le ciel, 5/10, La dernière fois que j'ai vu le nom de cet auteur, c'est dans Histoires de créatures que j'ai cité précédemment et je n'avais pas réussi à terminer de lire la nouvelle voir même à commencer. Dans ce cas-ci j'ai lu l'histoire en entier, mais elle ne m'a pas impressionné. La résumer serait difficile, c'est du n'importe quoi qui a rapport avec le calcaire, des baleines célestes et la météorologie.
12 - Robert SHECKLEY, Un billet pour Tranaï, 9.5/10, Excellente nouvelle ! Un jeune homme activiste, Marvin Goodman, entend parler de la planète de Tranaï dans un bar terrien par un vieux cosmonaute. Ce dernier vante cette planète comme un lieu idyllique et paisible où règne la liberté. Le peuple y aurait réalisé l'Utopie, c'est-à-dire la perfection. Marvin toujours en quête de l'égalité, membre d'une multitude de comités, vide son compte en banque et se lance dans l'aventure vers Tranaï. Rendu sur la planète, il réalise que rien n'est parfait nulle part et qu'on est toujours mieux à la maison. Cette nouvelle illustre les difficultés d'adaptation et de compréhension lorsqu'un individu est confronté à une nouvelle culture. Beaucoup de concepts abordés dans mes cours d'anthropologie sont appliqués, notamment celui d'acculturation.
Liens :
Sur Wikipédia
Sur Noosfere
Odyssée martienne sur Wikipédia
Sur La grande bibliothèque d'Anudar (blog)
Quand les ténèbres viendront sur Wikipédia