Mon p'tit recoin de l'internet, où j'y présente surtout mes lectures de science-fiction et de fantastique. Aussi, je dévoile quelques écrits, photos, pensées selon mes humeurs, selon l'air du temps.

Dans la campagne suisse (Neuchâtel), l'apparition soudaine d'un mur transparent vient troubler le quotidien des natifs. Le mur sème l'émoi parmi la population et le monde scientifique. On cherche des explications, une aurore boréale durcie, une éruption tellurique invisible, une mutation atomique, etc. Les années suivantes, le mur prend de l'ampleur, le monde panique, on commence à prendre au sérieux la menace étrange qui pèse sur l'humanité. Puis trois ans plus tard, une sorte de vaisseau spatial rectangulaire ressemblant à une malle apparaît à Paris, sur la place de la Concorde, ses occupants ne demandent pas moins que les plus belles œuvres d'art de l'humanité. Les gouvernements s'interrogent, ils n'auront pas d'autres choix que d'accepter : « On vit arriver, debout sur une plate-forme, la Victoire de Samothrace. Des hommes se découvraient à son passage, et on voyait dans leurs yeux des larmes. Ils avaient la sensation d'assister au rapt du génie de notre espèce, et le pressentiment que ç'allait en être fini de la primauté de notre race sur la Terre.» p. 57. Puis les demandes des envahisseurs deviennent de la routine pour les humains résignés qui leur cède sans presque aucune résistance ce qu'ils exigent (nourriture, biens, humains).
Dans le chapitre suivant, le narrateur se personnalise, c'est un jeune homme nommé Georges Bardin kidnappé voilà très longtemps par les envahisseurs. Dans les pages suivantes, il narre depuis le début de son enlèvement le déroulement paisible de sa vie comme esclave. On comprend alors que les intrus sont sur Terre depuis longtemps et surtout qu'ils sont très cultivés. Georges passe son existence à peinturer des fresques et à être très bien nourri tout en étant cependant extrêmement contrôlé dans ses déplacements. Les contacts avec l'extérieur sont inexistants, sa vie est monotone et son temps est dédié à ses ravisseurs qui exigent de lui de peinturer les murs de leur vaste domaine souterrain. Au fil de sa captivité, il changera souvent de groupe, ceux-ci sont composés de quatre jeunes garçons de haute stature et ayant des capacités intellectuelles ou artistiques précise. Le quotidien se déroule calmement sans résistance, ni aucune rébellion, aussi mince soit-elle. Même s'il est privé de sa liberté, ses besoins sont tous comblés et sa jeunesse semble éternelle, car annuellement une machine le guérit des traces de la vieillesse. Les années passent, il se lit d'amitié avec les autres humains et essaient d'en apprendre davantage sur ces hôtes.
Finalement, alors qu'il rencontre enfin une femme qui l'intéresse, il est encore une fois à sa grande tristesse changé de groupe. Cette fois-ci, il entre en contact avec le chef des ravisseurs, prénommé le maître, pour qui il ressent une profonde admiration. Nous constatons alors que Georges est en plein syndrome de Stockholm au point où ce dernier se compare à un chien se dévouant complètement à son maître : « Je m'étais parfois demandé [...] quels peuvent bien être exactement les sentiments d'un chien à l'égard de son maître, comment il voit celui-ci, ce qu'il en pense. Je crois que je sais, maintenant. Je crois que ces sentiments sont à très peu de choses près de la nature que ceux que je m'étais mis à éprouver à l'égard de l’extraordinaire créature dont j'étais devenu le compagnon, et qu'ils sont faits à la fois d'admiration, de vénération, d'amour, de crainte, de stupeur émerveillée » p. 140. Et dans le concret : « Je gambadais autour de lui comme un jeune chien. Je m'amusais à lui poser mille questions, et à lui dire toutes les hypothèses saugrenues qui passaient dans ma tête quant à son origine et quant aux mystères de ce monde où il régnait. J'étais devenu quelque chose comme son animal favori, son compagnon de jeu, un peu aussi son bouffon. » p.141. Manifestation la relation est celle du dominant-dominé. Réduit à perdre son identité et sa volonté de se rebeller, l'être humain Georges tend à s'évaporer dépossédé peu à peu de sa nature même d'être pensant. Même pour le maître, Georges n'est plus un homme, lorsque ce dernier lui demande d'essayer de lui expliquer le sens d'un mot de leur langue, le maître lui répond : « Essayez, fit-il, d'expliquer à un fox-terrier ce que veut dire « électricité » ». p. 143. Désormais, Georges est clairement déshumanisé.
Les envahisseurs se nomment les Agoutes (drôle de nom...), ce sont les surhommes du titre, je vais m'abstenir de continuer la suite du résumé, j'en dévoilerai trop. L'intrigue de ce livre est une pure merveille, je l'ai adoré et par le fait même dévoré. Si vous avez le goût de lire un bon petit livre de S-F pas compliqué, riche en idées et bien écrit, je vous le conseille vivement. Dans la préface, Jacques Bergier écrit que le récit devient moins bon lorsque Georges commence à nous expliquer le mystère qui entoure l'invasion et ses initiateurs: « Puis l'ouvrage baisse un peu - et comment peut-il en être autrement ? - lorsque l'auteur est obligé de nous présenter les surhommes. » p.8-9. Dans mon cas je ne suis pas d'accord. Le personnage qu'est Georges évolue beaucoup au fil de l'aventure ; son identité, sa pensée, ses aspirations se modifient et nous sommes les spectateurs de ces changements. Les explications de Georges n'enlèvent rien aux mystères de l'intrigue et découvrir la culture des Agoutes est vraiment fascinant. Je n'aurais pas souhaité que cette société incroyable reste dans les méandres cérébraux de l'auteur. Bref, le récit surprenant rapporté dans ce livre est vraiment fantastique !
Liens :
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