Mon p'tit recoin de l'internet, où j'y présente surtout mes lectures de science-fiction et de fantastique. Aussi, je dévoile quelques écrits, photos, pensées selon mes humeurs, selon l'air du temps.

Les oeufs fatidiques [Collection Marabout SF - 452] est un recueil de quatre nouvelles écrit en 1925 par Mikhail BOULGAKOV [1891-1940]. Plus de la moitié du recueil
est réservée à la nouvelle principale, soit Les oeufs fatidiques. Cette histoire raconte les déboires du peuple russe suite à la découverte fortuite du rayon de la
vie par un savant émérite : «Soyons francs : vous avez découvert quelque chose d'inouï. (Au prix d'un grand effort, Ivanov
parvint à s'arracher la suite.) Professeur Persikov, vous avez découvert le rayon de la vie !» [p.21]. Il y a un excellent résumé de cette nouvelle sur le web (voir lien
plus bas), donc je ne vais pas répéter ce qui a déjà été fait, dans mon cas je vais plutôt m'attarder sur le chapitre XI intitulé Fin de partie.
Comme on s'y entend la découverte du rayon va entraîner une suite d'évènements catastrophiques, et ce non pas à cause du rayon comme tel, mais plutôt à cause du mauvais maniement de l'homme, qui
a tendance à agir avant de réfléchir, et aussi à cause du destin (Rokk) comme l'écrit BOULGAKOV. Donc le chapitre XI met en scène la foule en délire qui réclame vengeance et qui n'a qu'un seul
désir : celui de trouver un coupable, de le pourchasser et de le tuer. En effet, tuer le coupable est la seule solution pour régler la situation et effacer les nombreux drames qui se sont
déroulés durant la catastrophe. Évidemment, j'ironise.
Ce à quoi je veux en venir, c'est que je trouve que ce chapitre a été écrit non pas comme le reste de l'histoire, c'est-à-dire de manière imaginative, mais plutôt de manière historique. En
d'autres mots, lorsque j'ai lu ce chapitre, j'ai eu l'impression que le récit prenait un autre ton, comme si on quittait le monde imaginaire et qu'on entrait dans le déjà vu. Bref, ce chapitre
sent le récit d'après-guerre : «- Sauvez-nous, les gars, gémissaient des voix sur les trottoirs. Tuez les Serpents... Sauvez Moscou ! Alors
un juron courait dans les rangs des cavaliers, exprimant leur détermination farouche. Les paquets de cigarettes volaient dans l'air nocturne et, du haut de leurs cheveux, les cavaliers
regardaient la foule affolée en découvrant leurs dents blanches.» [p.95]
La seconde nouvelle Diablerie m'a fait davantage penser à un récit fantastique. L'image que j'ai eu au fil de ma lecture c'est Astérix et Obélix dans les 12 travaux
lorsqu'ils doivent entrer dans la tour qui rend fou pour trouver le laisser-passer A-38 (par exemple ^^). La troisième nouvelle La commune ouvrière relate un fait divers
et met en scène une femme qui va selon moi terminer sa vie à errer dans les rues en proie aux remords. Et finalement la dernière nouvelle, Les aventures de Tchitchikov,
raconte l'incursion dans la vie réelle du personnage principal de l'oeuvre de Gogol, Les Âmes mortes.
Liens:
La biographie de Boulgakov, sur Wikipedia
Une bonne critique, sur Critiques Libres
Critique de la nouvelle Diablerie, sur Critiques Libres
Les âmes mortes, sur Wikipedia