Mon p'tit recoin de l'internet, où j'y présente surtout mes lectures de science-fiction et de fantastique. Aussi, je dévoile quelques écrits, photos, pensées selon mes humeurs, selon l'air du temps.

Écrit par Robert Silverberg [1935 - ], La tour de verre est un roman que j'ai beaucoup apprécié. L'écriture est poétique, mais pas trop, tout est bien dosé, tant les explications scientifiques, que les descriptions. On ne s'éternise pas sur aucun sujet, les évènements s'enchaînent, l'intrigue s'installe et les personnages et les dialogues sont crédibles. Bref, c'est un petit bijou ! L'organisation du roman est en lui-même ludique, on passe d'un narrateur anonyme au «je», puis d'une prière au message aléatoire d'un cube.
Plusieurs thèmes sont abordés dans ce roman, notamment la religion, l'amour, la curiosité et la science. Également plusieurs questions d'éthique sont soulevées, par exemple : qu'est-ce qui définit la vie ? Un être humain ? Qui est Dieu ? Les perceptions sont différentes, selon notre appartenance biologique, humain ou androïde. Mais qui a raison ? C'est dans cette atmosphère que le roman s'installe, la dualité entre dominant et dominé, la soumission de l'un au service de l'autre pour des raisons politiques, sexuelles, religieuses ou économiques. C'est toute une société qui tourne autour d'un homme très riche et très puissant de nom de Krug. Créateur des androïdes, il est perçu par ces derniers comme une manifestation de Dieu sur la Terre.
«- Pauvre gens.
- Ce ne sont pas des gens, dit Leon Spaulding. Des androïdes. Seulement des androïdes.
Clissa releva la tête.
- Les androïdes sont des gens ! Cria-t-elle. Je ne veux plus jamais entendre quelque chose comme ça ! N'ont-ils pas un nom, une personnalité, des rêves ?...» (p.50)
Mais Krug a une obsession, suite à l'interception de signaux extraterrestres, il veut à tout prix communiquer avec ces derniers. Ainsi, il fait construire un tour par ses androïdes qui travaillent nuit et jour à la construction de l'immense édifice qui servira à envoyer un message à travers l'espace jusqu'aux êtres inconnus situés dans une autre galaxie. Pendant ce temps, les androïdes, esclaves des hommes, vivent tant bien que mal leur religion, qui est d'ailleurs très complexe (temple, signes religieux, prières, rituels, etc.). Mais dans ce monde à l'équilibre incertain où les androïdes sont rendus plus nombreux que les êtres humains, des mouvements de rébellion se forment, des idées nouvelles surgissent et le goût de la liberté est au bout des lèvres.
«Son corps lui semblait souvent absurde, simple sac de chairs, d'os, de sang, de matières fécales, sac de ficelles et de cordes et de chiffons cédant sous les assauts du temps, se détériorant d'années en années, et même d'heure en heure. Qu'y avait-il de noble en un tel amas de protoplasme ? L'absurdité des ongles ! L'idiotie des narines ! La bêtise des coudes ! Pourtant, sous l'armure du crâne tictaquait le cerveau vigilant, comme une bombe enterrée dans la boue. Krug méprisait sa chair, mais ne ressentait que respect pour son cerveau, et pour le cerveau humain en général. La véritable essence de Krug se trouvait dans cette masse molle de convolutions grises, et pas ailleurs, pas dans les tripes, pas dans les flancs, pas dans la poitrine, mais dans l'esprit. Le corps pourrissait sur son propriétaire ; mais l'esprit qu'il contenait s'envolait jusqu'aux galaxies les plus lointaines. » (p. 20)
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