Mon p'tit recoin de l'internet, où j'y présente surtout mes lectures de science-fiction et de fantastique. Aussi, je dévoile quelques écrits, photos, pensées selon mes humeurs, selon l'air du temps.
L'histoire de passe au Québec, dans la région des Laurentides. Lorsque j'étais enfant (oui je pars de loin...) il y avait très peu de livres à la maison, ceux qu'on avait concernaient surtout les animaux. Je les lisais et les feuilletais quand même, même si ce n'était pas le sujet qui m'intéressait le plus. Je visitais souvent mes grands-parents, ils étaient la bonté même. Les meilleures personnes au monde, ils me gâtaient et me manifestaient toujours leur amour, chez eux j'étais littéralement au paradis. Mon grand-père était Lituanien et avait plusieurs amis qui provenaient d'Allemagne et d'autres pays éloignés d'Europe. Ces amis lui rendaient fréquemment visite. L'un d'eux était un avocat polonais déchu qui fabriquait du chocolat vitaminé (excellent d'ailleurs). Lui et sa femme étaient bizarres, je les adorais, surtout lui, car sa femme ne sortait jamais de l'auto (elle était très grosse...). Leur auto était encombrée de trucs hétéroclites, remplis à ras bord et des chats siamois circulaient dans tout ce fouillis. Bref, Monsieur Homonay, tel est son nom, rendait visite à mes grands-parents et ça adonnait souvent que j'étais là. Je me rappelle que je l'écoutais discuter avec mon grand-père dans une langue étrange et j'étais fascinée (mon grand-père parlait au moins 6 langues, le lituanien, l'allemand, le polonais, le russe, le français et l'anglais). Monsieur Homonay apportait toujours des cadeaux, du chocolat, des vêtements, des livres...
Un jour qu'il avait apporté des livres, je lui ai manifesté ma joie, enfin des livres !!! J'avais à peine 10 ans, je ne me rappelle plus des titres. Mais je me souviens qu'à partir de ce moment, il nous apportait plus de livres et ces derniers étaient toujours pour moi. Quand je le voyais arrivé dans la grande fenêtre, je sautais de joie, ma grand-mère au contraire, était exaspérée. « Ha non pas encore des cochonneries !! » Un jour, l'un des plus beaux de ma jeunesse, Monsieur Homonay est apparu dans la grande fenêtre, j'étais avec mes grands-parents et ma mère (j'ai oublié de spécifier qu'ils étaient les parents du côté maternel). Donc, je le vois par la fenêtre sortir des boîtes et je vois qu'elles débordent de livres, je sors de la maison et je m'élance vers lui, tellement heureuse. L'auto est pleine à craquer de livres et ils sont tous pour moi ! Ma mère et ma grand-mère essaient de lui dire qu'elles ne peuvent pas tous prendre ces livres, mais j'insiste et je suis si heureuse qu'elles ne peuvent rien faire. Et les boîtes rentrent les unes après les autres dans la maison, ma mère décide de les mettre dans la cave, dans une pièce qui ne sert à rien. J'ai tellement joué dans ces boîtes, j'ai regardé et trié chacun des livres, j'en ai lu beaucoup. Je me rappelle qu'il y avait énormément de Marabout Junior, le premier que j'ai lu c'est J'ai épousé un archéologue, car je voulais devenir archéologue.

Il y avait aussi beaucoup de Fleuve noir, surtout des années 60. Et toutes sortes d'autres livres, certains intéressants et d'autres moins, mais je les aimais tous. Souvent, je me réfugiais dans la pièce dédiée à mes livres et j'en choisissais, j'en montais en haut et je les installais dans les bibliothèques et les armoires. En vieillissant, j'ai toujours gardé un amour pour ces livres que j'aimais tant, mais adolescente je les lisais moins et j'allais moins souvent dans ma pièce à la cave. Un jour, je devais avoir 15 ans, ma mère a trouvé dans le journal une annonce d'acheteurs de livres usagés. Nous n'étions pas riches, j'étais adolescente et ma sœur et moi avions besoin de Jeans. Ma mère a eu la brillante idée de vendre mes livres. Je me rappelle que je ne voulais pas, mais ma mère me disait que si on ne vendait pas les livres, je n'aurais jamais de Jeans (sois dit en passant, à l'âge de 15 ans, je n'avais jamais encore porté de Jeans, j'étais la seule à me promener en pantalon mou).
Je me rappelle lorsque les acheteurs sont arrivés chez mes grands-parents, ils calculaient dans ma pièce avec un crayon et un petit papier, regardaient dans les boîtes la qualité des livres. Ils ont accepté de tout acheter contre 80$. On était en 1994-1995, encore aujourd'hui ça serait un bon montant pour des livres. Ça vous donne une idée de la quantité de livres que j'avais. Je me souviens qu'une fois qu'ils ont remonté à l'étage chercher je ne sais pas quoi, j'ai dit à ma mère que je voulais en récupérer, elle m'a dit « vas-y ». Et j'ai repris un livre, Le chemin des larmes ou un amour déçu écrit par un auteur anonyme. Je venais de terminer de le lire et je l'avais adoré. Je me suis dépêchée de le cacher avant qu'ils ne redescendent. Ce livre je l'ai toujours, j'aurais mis une image de sa couverture, mais il est en ce moment dans une boîte, car je déménage dans deux semaines. Sois dit en passant, ce livre est introuvable sur internet et dans les libraires. Donc, pour 80$ ma sœur et moi avons eu chacune deux paires de jeans et ma grand-mère était enfin débarrassée de tous ces livres encombrants.
Les années passèrent, j'avais le souvenir désagréable de cette journée où j'ai perdu une partie de moi-même, mais je finis par oublier. Je suis rentrée au cégep, puis à l'université, j’achetais de temps en temps des livres, surtout de la littérature russe (Gogol, Gorki, Dostoïevsky, etc. ), allemande (Kafka, etc.) et française (Sartre, Balzac, Dumas, etc.). Les années ont passé et ma collection s'agrandissait un petit peu par petit peu. Je lisais Dumas, les mémoires d'un médecin dans la collection Marabout Géant et j'adorais ces livres (même si je les décomposais à force de les promener partout). Un jour, je suis allée en visite chez un ami. Lorsque je visite des gens la première chose que je fais, c'est fouiller dans leur bibliothèque, ça en dit beaucoup sur leur personnalité et leur passion. En tout cas, dans la bibliothèque de cet ami, il s'appelait Ghislain, j'ai trouvé un Marabout Science-fiction :

À l'époque, en 2002-2003, je ne connaissais pas cette collection de Marabout, c'était la première fois que j'en voyais un. J'ai essayé de quêter mon ami pour qu'il me le donne, mais il y tenait fermement. À partir de ce moment, j'ai décidé de collectionner les livres Marabout de science-fiction et de fantastique, et plus tard ma collection c'est étendue à tous les livres de science-fiction et de fantastique. Je crois que c'est l'année passée que je suis tombé sur La variété andromède, je n'ai pas besoin de vous dire que j'ai sauté dessus. Enfin je trouvais le livre qui m'avait donné la piqûre, sois dit en passant je ne l'ai pas encore lu. Mais, ça va venir. Aujourd'hui, j'ai environ 120 Marabout SF et fantastique, plein de Marabout Géant, d'autres sortes de Marabout, une cinquantaine de J'ai lu et une autre soixantaine de Denoël, peut-être plus (je devrais faire un inventaire...). Je dois avoir en tout, environ 1000 livres de diverses collections.
Le problème c'est qu'au Québec les Marabout sont rares, heureusement je suis parfois très chanceuse. Je les aime tant, je les attire vers moi. J'ai oublié de spécifier que ma mère m'avait appris ce qu'était la science-fiction lorsque j'étais plus jeune par l'entremise de séries télévisées (Star trek, Battlestar Galactica, Cosmos 1999, Babylone 5, etc.). J'avais toujours aimé ça grâce à elle, mais j'en lisais pas ou peu. Bref, depuis ce jour, je suis en quête de Marabout, je sillonne les boutiques de livres usagés, les brocantes en quête de ces livres. Avec les années, je me suis monté une belle collection de livres, celle-ci doit être rendue plus importante que celle que j'avais lorsque j'étais enfant (peut-être...). Je crois bien que ma recherche de livres ne se terminera jamais, toute ma vie je vais chercher à récupérer ce qu'on m'a pris étant enfant... J'ai reproché à ma mère ce qu'elle avait fait, je sais que ce n'est pas bien, mais ç'a été une expérience vraiment difficile. Depuis longtemps, elle aussi parcourt les magasins de trucs usagés et les brocantes, elle me cherche des livres, le dernier qu'elle m'a acheté est Le jour des fous, d'Edmund Cooper aux Éditions Maraabout SF. Les traumatismes d'enfance ont la vie dure...mais grâce à lui, j'ai développé une passion.