Mon p'tit recoin de l'internet, où j'y présente surtout mes lectures de science-fiction et de fantastique. Aussi, je dévoile quelques écrits, photos, pensées selon mes humeurs, selon l'air du temps.

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Univers 17 (Ant.)

Univers 17 commence avec un bref éditorial de Jacques Sadoul sur la possibilité de la troisième guerre mondiale (sic !) conséquence du conflit russo-chinois. Yves Frémion quant à lui nous fait part de ses opinions dans l'introduction, opinions dont je me passerai bien. Il profite de la tribune d'Univers pour laver son linge sale et critiquer les opinions des autres au lieu de débattre de manière constructive. De plus, il juge ouvertement les nouvelles qui n'entrent pas dans la Nouvelle vague (ennuyante) de la science-fiction. Ainsi il dira que la première apparition de Georges R.R. Martin dans Univers commence avec un nouvelle « très vieille S-F»,  une histoire qui se lit, quel malheur (ironie) ! Puis Frémion s'attaque à Pauwels, collaborateur de Jacques Bergier, Pauwels aurait dit à la radio des « calomnies » sur la SF française, c'est-à-dire que « La S-F est devenue féminine, elle est devenue science-affliction. Elle est devenue pleurs sur la dureté du monde... » (p. 8). La science-fiction est rendue engagée dans les années '70 et le fait que Pauwels critique ça rend Frémion furax (j'ai l'impression qu'une graine de despotisme germe en lui). Quant à moi, ce qui me choque plus, c'est qu'il compare la nouvelle science-fiction ennuyante à une femme qui braille. Un cliché passé date heureusement. Frémion est agressif et enragé, il insulte Pauwels en lui disant que c'est lui qui va pleurer s'il rencontre dans le corridor Favarel, Wintrebert ou Le Querré, sous-entendant qu'ils vont le battre. Ensuite un peu plus loin, il écrira que l'arme absolue de la troisième guerre mondiale est le cerveau et ajoutera alors : « Pauwels, te voilà absolument désarmé ! » (p.8). Vraiment Frémion est très dur avec les personnes qui ne pensent pas comme lui, il les humilie et les insulte ouvertement dans un magazine, comme si ceux-ci n'avaient pas le droit d'émettre leurs commentaires. N'importe quoi ! 
 


1 - Joëlle WINTREBERT, La Créode, 7/10, Une espèce, les Ouqdar, ne connaissent plus les relations sexuées depuis leur transformation génétique. En effet, depuis plus de 2000 ans, la reproduction se fait par scissiparité. En d'autres mots, « la mutation [génétique] permettait à chacun, arrivée au troisième stade de sa croissance, d'amener à maturité une partie de lui-même et de s'en délivrer par scissiparité. » (p.13). Un genre de mitose en quelque sorte. Damballah est quant lui révolté, il souhaite garder à tout prix son double à l'intérieur de lui, qui commence à germer malgré lui.

2 - Robert HOLDSTOCK, La Croix du cimetière, 7/10, Après un voyage de 20 ans dans l'espace, Summersun souhaite revenir sur Terre. Mais le temps y a passé considérablement plus vite, ainsi 300 ans se sont passés et la Terre a beaucoup changé. Sur la Lune, il subira une multitude d'opérations chirurgicales qui lui sont nécessaires s'il veut un jour mettre un pied sur le sol terrestre.

3 - Marion Zimmer BRADLEY, Main-verte, 6/10, Un vaisseau spatial s'écrase sur une planète inconnue peuplée d'une espèce ressemblant à de gros tigres. L'équipage n'arrive pas à communiquer avec les natifs, mais elle sera aidée de manière inattendue. C'est une histoire mignonne sans plus.
 
4 - Craig STRETE, Le Conte de fées de Wounded-Knee, 5/10, Plusieurs groupes amérindiens se rassemblent et en même temps toutes les machines faîtes de métal arrêtent de fonctionner.

5 - Steve CHAPMAN, Trio, 6/10, Sur une planète où sévit de violents orages, les esprits de X, Y et O occupent à tour de rôle le corps d'une femme, d'un brontosaure et la carlingue d'une jeep. Vers le milieu du récit, le brontosaure fait l'amour avec la femme, une chance que l'auteur n'entre pas dans les détails. C'est une histoire bizarroïde, où on se demande toujours qui parle de qui à qui.

6 - Jean-Pierre ANDREVON, Le Bassin aux Triphoniae, 1/10, Pendant sa visite de la Prédicature, un étudiant tombe sur un bassin où des animaux inconnus, les Triphoniae,  pataugent. Ce n'est pas un récit, mais un texte qui a pour but de critiquer la société à la mode '70 en y insérant un animal inconnu pour que ça fasse science-fiction et ainsi se servir, sans culpabilité, du magazine Univers pour propager des idées politiques. Contrairement à Frémion, je dénigre ce genre de texte dans un magazine de SF, car cette dernière est occultée, tandis que les contestations politiques, économiques, écologiques de l'auteur sont mises de l'avant. Il faut voir le bon côté des choses, ça permet à des auteurs en manque d'inspiration imaginative de se faire voir et de «conscientiser» un groupe plus marginal de la population qui aime se divertir en lisant de la SF. Mais c'est vrai, dans les années '70, la SF n'est plus un divertissant, elle doit servir une cause ! Je crois que les auteurs qui écrivent ce genre de textes se sentent peut-être exclus des grands débats de société et ils ont eu l'idée de génie, pour se sentir intégrés, de participer aux discussions par l'entremise de faux récits de SF. 

7 - Graham M. HALL, L'Effet Tennyson, -/10, Je ne l'ai pas lu, je trouvais ça trop ennuyant, ce texte est une suite poétique de phrases n'ayant de trop de sens entre-elles.

8 - George R. R. MARTIN, Solitude du deuxième type, 8/10, Écrite sous la forme d'un journal intime, cette histoire (enfin !) est excellente ! Le contraire m'aurait étonné venant de l'auteur de Games of throne. Une énorme station spatiale en forme de cercle, l'Anneau de cerbère, entoure un trou de verre. À l'intérieur, un seul homme surveille et contrôle l'entrée des navires spatiaux qui souhaitent passer au travers. Aux prises avec ses démons, il est contraint de passer son temps à réfléchir à son passé et ses regrets, à sortir dans l'espace pour observer les étoiles et à espérer que l'on vienne le remplacer puisque son contrat touche enfin à sa fin.

 

Univers 17 se termine sur une courte bd de Violette Le Queré intitulé Stars' War. Ensuite, on nous présente un texte très intéressant, Futurologie et divination, écrit par Jean-François Jamoul. Il nous explique la différente entre l'aède et le devin : « L'aède connaît surtout le passé, il en a la connaissance directe, cette connaissance ne repose ni sur le témoignage ni sur l'écrit ou l'ouï-dire : il se retrouve au présent dans le passé, car le passé est fait de stratifications : ce qui a été existe toujours; il en est de même pour le futur; en nous éloignant du présent, c'est de notre monde visible que nous nous éloignons pour découvrir d'autres régions, d'autres niveaux cosmiques. Le rôle du devin et de l'aède est de déchiffrer l'invisible, d'établir de véritables itinéraires du surnaturel, car eux seuls peuvent voyager dans l'au-delà; le commun des mortels, lui, ne peut connaître que le présent, le passé lui échappe, (le passé réel), car il devient une reconstruction arbitraire, seul le devin ou l'aède possède la mémoire véritable, le devin celle du passé et du futur et l'aède celle du passé. » (p.120). Puis l'auteur s'interroge sur la capacité de la SF à produire des œuvres se déroulant dans le futur proche ou lointain.

 Finalement, les deux dernières chroniques concernent un philosophe, Alexandre Zinoviev, qui a écrit un roman de 1000 pages qui se veut être de la science-fiction, Les hauteurs béantes. Ce lourd roman est une dystopie de la société, surtout soviétique, se déroulant très loin dans le futur.

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